Le Musée Soulages a été inauguré en mai 2014, face aux monts de l’Aubrac et aux plateaux des Causses, le bâtiment est l’œuvre de l’agence espagnole RCR arquitectes. Cet édifice, structuré pour laisser le paysage passer à travers sous forme de vides ou de transparences, est recouvert d’acier Corten, dont la couleur rappelle le brou de noix si cher à Pierre Soulages. L’acier Corten associé aux plaques de métal façon outrenoir crée des volumes ténébreux et lumineux propices à la découverte de l’œuvre de l’artiste aux 1550 œuvres sur toile. L’intérêt de ce musée est, non seulement la contemplation des 500 pièces exposées, mais aussi sa scénographie : elle est pédagogique, permettant d’établir le lien entre les procédés de fabrication des œuvres et les buts artistiques finaux. On suit la « recherche  » artistique de Pierre Soulages depuis ses débuts en 1938, on comprend alors ce qu’est la création artistique en général. Ce musée est dédié au plus célèbre peintre français en activité, figure majeure de l’abstraction : Pierre Soulages.

Qui est Soulages ?

Né en 1919 à Rodez, reconnu dans les années 1950 par Rockfeller et l’Amérique, une rétrospective lui a été consacré à Beaubourg en 2009. Cette dernière avait attiré un peu plus de 500 000 visiteurs. C’est le peintre du noir et de la lumière, celui qui fait jaillir la lumière de l’obscurité, le père de l’outrenoir. On déambule le long des salles comme dans un voyage initiatique au travers des différentes techniques et créations de Pierre Soulages. Le parcours commence par ses premières peintures où, on peut déjà voir la trace d’un grattage dans la matière et les tonalités sombres . Puis on admire ses œuvres sur papier dont les magnifiques et fragiles brous de noix . Ensuite, l’ensemble des œuvres imprimées de l’artiste , lithographies et sérigraphies, sont exposées . Enfin, les peintures, quelques somptueux outrenoirs, et les œuvres gravées s’offrent aux yeux avides des visiteurs . La dernière salle est dédiée à l’expérience de la création des vitraux de l’abbaye de Conques. Les cartons géants ( plaques de bois sur lesquelles il dessine les vitraux grandeur nature ), les échantillons de verre, les outils, les maquettes, et un film donnent aux visiteurs une dernière émotion lumineuse presque sacrée. Car si Soulages n’est pas encore un dieu, il est sans conteste la star de l’abstraction, le sculpteur du noir, le créateur de l’outrenoir.

 Be'Art Magazine 2016.beart_.-le-musée-soulages.2-1024x768 Non classé

Noir c’est noir

L’outrenoir, cette lumière au delà du noir, c’est plusieurs couches de peintures noires raclées, brossées de façon à faire surgir la lumière. Pierre Soulages nous explique : » Enfant, pour moi, la neige c’était tout. Or, le noir faisait ressortir la blancheur. Prenez une couleur sombre et placez du noir à côté, elle s’éclaire. On m’offrait des couleurs, mais je préférais l’encrier. C’est la puissance du noir qui m’intéressait. C’est une couleur violente, active, frappante qui n’a rien à voir avec le deuil « . Même si Pierre Soulages décrit son travail « comme une terre étrangère, un autre territoire  » qui permet au spectateur de se retrouver face à lui-même, il n’en est pas moins un fils d’artisan aveyronnais profondément attaché à sa terre natale et à ses natures. Ne dit-il pas « les statues des menhirs, l’abbatiale romane de Conques et le mur nu de la cathédrale de Rodez, voilà les trois choses qui font partie des grands horizons de mes goûts. Cela m’a enraciné » ? Ainsi, ne vous arrêtez pas au seul musée Soulages : vous pourrez grâce à votre ticket profiter de la visite des deux autres musées de la ville de Rodez, et pourquoi pas faire un petit tour à la cathédrale . Si vous avez faim, un comptoir et un restaurant occupent la même structure architecturale que le musée. Vous pourrez y déguster les créations culinaires d’un autre « grand » régional : Michel Bras . Il vous en coûtera 9 € pour une gaufre salée ou 32 € pour un repas . Puis restez curieux et baladez vous sur les petites routes afin de visiter les villages de la campagne environnante comme le charmant Salles-la-source, avant de finir votre périple à Conques .

Conques, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui rayonne autour de son abbaye, premier émoi artistique de l’enfant Pierre Soulages. On y admire les 104 vitraux imaginés et créés par Soulages et le verrier Jean-Dominique Fleury. Les vitraux « double face » en verre coloré translucide modulent les variations de la lumière naturelle, respectant ainsi l’identité de cette architecture sacrée du XIe siècle . La technicité du verre permet d’apprécier les différentes couleurs du spectre lumineux selon les heures du jour. Ces vitraux ne sont pas à regarder comme des œuvres mais comme un ensemble rythmique qui fait sens au sein de l’ensemble architectural. C’est l’alliance de l’art ancien et de l’art contemporain. Les vitraux non transparents et non figuratifs sont propices à la méditation . Méditer ,sorte de prière artistique, face à ce lieu médiéval empli de lumière afin de mieux repartir pour une prochaine virée culturelle de Be’ Art Magazine !

 

 

CFD

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