En avril, notre ville est en ébullition ! La première édition de la ville au corps s’est tenue du 14 au 17 avril. Le Carreau du Temple n’est pas un musée ni un centre culturel mais un endroit dans lequel toute forme d’art prend forme de par le public. C’est un lieu qui donne un espace et un temps aux artistes contemporains afin qu’ils puissent s’exprimer de la plus parfaite alchimie créative.

Le Carreau : Temple artistique en devenir ?

Les co-directrices présentent le lieu comme étant un « incubateur de formes nouvelles » quelles qu’elles soient. Ce duo de choc semble particulièrement inspirée pour initier un courant artistique urbanisé dont les habitants apparaîtraient comme une valeur ajoutée.

La ville au corps est un programme court autour de vidéos dont chacune d’ entres elles sont présentées différemment de manière à permettre au public de se les approprier selon leur sensibilité. La mise en place de salon de vidéos est un moyen intentionnel permettant de choisir le programme ensemble. Elles sont consultables en accès libre. L’idée est de provoquer une interaction parmi les spectateurs dans un espace public. Le Carreau du Temple est un bel espace qui nous en met plein la vue. Une lumière chatoyante traverse sa verrière.

Comment le corps s’inscrit dans un territoire ? Une ville se compose de lieux incontournables à l’image des organes vitaux d’un corps. Ces lieux sont une nécessité afin de permettre aux habitants de s’exprimer, d’échanger, d’interagir, de se confronter, de se découvrir, un agora modernisé. Il s’agit d’interaction entre les habitants et leur territoire mais également entre les habitants sur leur territoire.

Cette première édition est constituée de 36 œuvres destinées à mener une réflexion sur la question urbaine d’un point de vue artistique. Un travail de lien entre les différents films a été effectué afin d’initier plusieurs grilles de lecture. L’idée est de proposer des projets artistiques et plastiques selon des modes innovants. Ceci contraste avec les lieux traditionnellement connus, tels que les musées et fondations.

De la destruction à la renaissance…

Le festival débute par un chambardement sans équivoque. Cette anarchie architecturale suite à un cataclysme naturel ou du fait de l’homme, nous amène à nous interroger sur notre place au sein du monde. Une réflexion biblique porte sur la période du Déluge durant lequel la crue de l’eau sur terre dura 150 jours. À contrario, ce sont de ces catastrophes naturelles que les hommes en tirent une plus grande humanité. Une terrible sensation d’impuissance et de fragilité nous prend, face à certaines séquences de vidéo. Fort heureusement, cette noirceur est nuancée par un optimisme qui nous laisse penser que la renaissance est possible. Les œuvres présentées montrent à la fois leur force et leur complexité qui s’articulent autour de trois axes :

Après la ville : Peut-on renaitre du chaos ?

Cette partie représente la fin du cycle. Certaines métropoles emblématiques constituent des modèles de destructions massives tels que Détroit et Fukushima (Tchernobyl) dont on aperçoit des rideaux de végétations. Il convient de s’interroger sur les perspectives d’avenir. Comment se reconstruire après de tels chamboulements tant du point de vue de la ville que des habitants ? La difficulté réside dans le fait de prendre du recul afin de mieux constater.

Le corps d’une ville : Comment l’habitant peut-il s’articuler au sein de sa ville ?

Il est intéressant de s’interroger sur la manière dont le corps s’inscrit dans un territoire. Ces vidéos apportent une vision à la fois poétique, performative et politique.

La ville qui vient : Quel avenir possible?

Après le chaos et la reconstruction, une réflexion s’impose sur l’utopie et les dérives qui peuvent en découler. Tandis que certains artistes nous mettent en garde, d’autres nous font voyager au travers des horizons enchanteresses. Le petit clin d’oeil porte sur le BAL, Petit Orchestre Parisien, POP qui a interprété un répertoire musical varié et populaire du XXème siècle. Le petit plus ce sont des pochettes de disques des chansons préférées de l’orchestre  qui ont circulé au sein du public. Ainsi, ils ont pu y découvrir des anecdotes. La mise en place est surprenante compte tenu de la dimension des espaces exploités.

Salutations aux artistes pour cette première édition : Renaud Auguste-Dormeuil, Ismaïl Bahri, Bertille Bak, Oliver Beer, Louidgi Beltrame, Nicolas Boone, Mohamed Bouraissa, Gaëlle Cintré, Clément Cogitore, Jordi Colomer, Alain Della Negra et Kaori Kinoshita, Rebecca Digne, Kenny Dunkan, Cao Fei, Anne-Charlotte Finel, Cyprien Gaillard, Yuan Goang-Ming, Clarisse Hahn, Cécile Hartmann, Taro Izumi, Hayoun Kwon, Thomas Léon, Mélanie Manchot, Angélina Markul, Ariane MichelArash Nassiri, Jean-Baptiste Sauvage, Florent Tillon, Marie Voignier, Qingmei Yao, Raphaël Zarka.

La question urbaine sera traitée tout au long du mois d’avril à travers Urban Art Fair, première Foire Internationale d’art urbain contemporain et Second Square du 26 au 28 avril avec des ateliers autour du Street-Art et de jeux urbains.

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Plus d’informations:

www.carreaudutemple.eu

Lucienne Khemila

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