Apichatpong nous attend à la galerie Torri pour nous présenter l’intérieur de son esprit. Je suis allée seule voir l’expo. Je dirais qu’il faut y aller seule.

Apichatpong Weerasethakul, « Fire Garden », à la Galerie TORRI, jusqu’au 28 mai.

Apichatpong, artiste cinéaste, a bâti une expo qui nous place dans son esprit. On n’y trouve rien qui voudrait représenter la Thaïlande, ni rien qui voudrait saluer Paris. On y trouve Apichatpong de l’intérieur. On visite comme on visitera le cerveau humain, lorsque l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle sera au point, au point d’y voir ses pensées et ce qui les construit.

Des photos et des vidéos, présentées telles quelles. Les projecteurs sont d’ailleurs visibles, ils sont là, ils gênent la déambulation, ils risquent d’être déplacés par erreur par un visiteur, ce qui déformera l’image. On y perçoit des souvenirs personnels du jardin ou du lieu de travail des parents qui parcellent l’esprit. Mais ces notes d’émotions dépendent de la matérialité électrique de nos synapses qui sont ici les projecteurs. Importance de l’image virtuelle et de son sens personnel, fragilité de son support matériel et indifférent.

Ainsi, si l’on est seule, que l’on a pris le temps d’observer aussi les autres visiteurs et curieux, alors on se penche à son tour sur ce qui nous fait nous : est-ce la fragilité de nos pensées ou la neutralité des projecteurs ?

À travers Fire Garden, l’artiste nous propose une étape dans son intérieur, entre la matérialité du monde et la virtualité de la signification, un moment métaphysique.

 

Informations pratiques :

Apichatpong Weerasethakul — Fire Garden

Galerie TORRI


7, rue Saint-Claude

75003 Paris

 
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Apichatpong Weerasethakul, The last years of the river, 2016

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Par Bénédicte

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