L’exposition, Yves Saint Laurent 1971, la collection du scandale, conduite et dirigée par le Directeur du Palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, Olivier Saillard. Paris, Janvier 1971, la nouvelle Collection Printemps-Été d’Yves Saint Laurent n’obtient pas les faveurs que le maître de la mode osait espérer. La presse se dépêche de crier au scandale. Mais le scandale de quoi ?

Des coupes qui ne correspondent pas à la tendance des années 70′. On lui reproche un douloureux retour en arrière, la mode des années 45′ ne fait pas rêver et le public ne peut se projeter dans de telles coupes. Son attachement pour l’élégance des années de guerre et d’occupation en rebute plus d’un. Même Vogue à l’époque s’attaque à cette collection. Les journalistes et le public présents lors de sa présentation jugent la collection «hideuse ». Ils se rattraperont plus tard, notamment Vogue écrira en Mars 1971 : «  Non YSL n’est pas hideux comme on a pu l’écrire » Vogue France, Mars 1971. De nombreuses archives comprenant des modèles, des accessoires, des fonds photographiques et audiovisuels sont conservées soigneusement à la Fondation Pierre Bergé- Yves Saint Laurent.

Une scénographie magnifiquement orchestrée, par la présence de planches de collection reproduites à grande échelle, en passant par des croquis originaux qui nourissent et envahissent les murs de la Fondation. Une impression de se retrouver dans l’atelier même du génie Yves Saint Laurent. Comme une ambiance totalement immersive au coeur des échantillons de tissus apposés directement sur les fiches d’atelier, des traits au crayon graphite Staedtler 2B épousent parfaitement les feuilles de papier au format 12,4x32cm. À ce moment là de la création, les motifs des tissus jaillissent. Une scénographie réussie, à vocation d’apprentissage, les croquis préparatoires laissent déjà paraître un soupçon de mouvement de silhouette comme si les mannequins prenaient déjà vie. D’un trait de crayon plus ou moins fin ou d’un feutre plus abrupt esquissé de la main du couturier, tout nous laisse à croire que rien n’est laissé au hasard. La Fondation offre aux visiteurs la possibilité de se documenter au plus près des archives de l’artiste. L ‘exposition comme découpée, taillée en différentes sections mettant en scène dans un ordre bien précis les tailleurs, les manteaux, les ensembles-pantalons, les habillés , les soir-couture. La typologie du style et de la coupe Yves Saint Laurent se dessine au cours de notre visite. La qualité des modèles choisis est remarquable.

Une documentation des plus importantes

L’exposition débute donc par la quintessence du style du couturier, celui qui l’a rendu célèbre, l’une de ses coupes des plus connues et reconnues au sein de la Haute-Couture Française : le tailleur pantalon pour femme apparu pour la première fois en 1966 mais déjà dans les ateliers de Coco Chanel dès les années 50′. Les photographies sont puissantes, d’une existence saisissante. Les mannequins n’ont de cessent de nous replonger dans l’ambiance de la mode des années 70′. Le maquillage à outrance est de mise, du rouge en veux-tu en voilà, des ongles rouge sang aux bouches ensanglantées, des yeux maquillés d’un noir profond, les mannequins éclatent sous les projecteurs. La taille est marquée, les hanches sont moulées dans des tissus unis ou imprimés avec soin, les décolletés en V soulignent la poitrine. La femme se révèle et s’émancipe avec chic en s’appropriant le tailleur- pantalon. Des femmes aux jambes longues nichées sur des hauts talons, contrastent avec leurs épaules aux apparences larges et carrées accentué par le port du blazer.

Influences du créateur-génie YSL

Des motifs directement inspirés des céramiques à figures rouges du Ve siècle avant J.-C aux influences des peintres pop-américains. Ses productions émanent d’un rayonnement très vaste. Grand amateur et collectionneur d’art, il rend hommage à des artistes comme Matisse, Mondrian ou encore Picasso.

L’exposition replonge le visiteur au cœur du scandale de cette collection, jugée de « rétro » et qualifiée de « collection de la Libération ». Le spectateur prend conscience que les modèles du couturier ont été jugés trop hâtivement, ne laissant aucune chance à YSL de se défendre à l’époque si ce n’est de comparer son refus à celui de l’Olympia de Manet. Finalement, la reconnaissance de son travail n’aura pour fruit que l’introduction de la mode dans une nouvelle ère, celle de l’histoire contemporaine

 

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Manteau renard vert
Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent

 

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Smoking short
Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent

Informations pratiques :

3 rue Léonce Reynaud, 75116 Paris

Tél.: 01 44 31 64 00

Ouvert tous les jours sauf le lundi

de 11h à 18h (dernière entrée à 17h30)

Lucie

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Lucie BARRAGAN
Lucie Barragan, est la Rédactrice en Chef de l'édition française de Be'Art Magazine depuis 2014, et experte reconnue dans les e-RP et la stratégie digitale. Elle vit actuellement à Paris.

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