Une question de taille : le pénis dans l’art !

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Attention ! Cet article contient des informations équivoques pour toutes personnes sensibles car nous allons évoquer un problème de taille : le pénis ! Zoom (mais pas trop) sur ces messieurs et leurs attributs à travers une rétrospective où vous saurez tout tout tout sur le zizi !
Vous en rêvez mais la réalité en est parfois tout autre surtout dans l’art !

Une inspiration universelle

Représentations simplistes ou plus élaborées, le pénis est pour beaucoup un sujet d’inspiration. Pourquoi me direz-vous ? Il fascine, tout simplement. Ce service trois pièces est un symbole de vie, de puissance, de masculinité. Il est un sujet des plus captivants.  Preuve en est, il se retrouve partout dans la rue, dans les cours d’école mais c’est essentiellement pour faire rire les copains et provoquer.

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Keith Haring, Self-Portrait (Penis) (1978)

Les premières représentations

Les représentations de pénis sont présentes depuis que l’homme foule la surface de la Terre. En effet, déjà à la préhistoire les représentations graphiques de phallus ne manquaient pas. Souvent en érection ou en plein coït, nos ancêtres affectionnaient les dessiner dans les grottes. Il a été néanmoins mis au jour des sculptures phalliques révélant de la création 3D de l’objet intime montrant les diverses inspirations qu’évoquaient le membre.

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Phallus de la Grotte de Fronsac

Le laid, le beau, le vrai, le faux

C’est à l’Antiquité que commence à apparaître une réflexion autour du pénis. Vous avez tous vu de sublimes statues gréco-romaines d’hommes nus à la plastique parfaite. Kouroï, divinités, héros, le corps masculin est sculpté à son avantage dans ses moindres détails sauf un. L’Anatomie de ces messieurs est, disons-le, pas très fidèle à la réalité. Mais pourquoi ? Nos ancêtres gréco-romains étaient-ils moins bien gâtés par la nature que nos hommes d’aujourd’hui ? La raison va vous surprendre.

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Artemision

Les grecs pensaient qu’il était préférable d’avoir un petit sexe, signe d’intelligence plutôt qu’un gros membre symbole de luxure. Les sexes étaient souvent représentés au repos plutôt qu’en érection. Cet état reflétant la lubricité et l’irrationalité que l’on attribue plutôt à la horde dionysiaque composée entre autre de satyres, mais il peut aussi faire référence à Priape, dieu de la chair et des plaisirs dont la légende conte qu’il a été condamné à l’érection éternelle.

Dans la tradition

Ce canon greco-romain va perdurer à travers les époques et en particulier à la Renaissance. Tout le monde à en tête l’image de cette immense David sculpté dans le marbre par Michel-Ange exposé à la Galleria dell’Accademia de Florence.

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David, Michelangelo

Par chance, cette question de taille fut profitable au sculpteur lors de la grande réforme effectuée par l’Eglise au XVIe siècle qui, choqué par tant de nudité réforma l’art en instituant une obligation à recouvrir le sexe des statues. (Voilà pourquoi certaines œuvres que vous pouvez observer sont uniquement vêtues d’une feuille de vigne). Une chance que tout était petit, c’était plus facile à dissimuler.

Y’a pas de mal à se faire du bien

Revenons sur ce problème de taille. Bien que minimisé dans l’art que l’on caractérisera de public, il en était tout autrement dans la sphère plus intime. Connu sous le nom d’olisbos : le godemiché, ou représentation 3D d’un objet de forme phallique.

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Olisbos

Comme nous l’avons vu, il existe depuis la préhistoire et il n’est pas souvent si petit que ça bien au contraire. Élément à la fois décoratif et votif, il n’en était pas moins fonctionnel. Dans certaine culture il était façonné dans des matériaux nobles comme le jade. Il accompagnait même le corps du défunt dans sa tombe, servant à occulter les extrémités du corps où il était inséré afin d’éviter à la décomposition de l’âme et du corps pour qu’ils demeurent à jamais. L’expression atteindre le 7e ciel vient peut-être de la ! Du coup l’olisbos se déclinait sous divers matériaux et bien évidement sous plusieurs tailles. L’histoire ne mentionne pas par contre si les possesseurs des plus imposant étaient les plus puissants.

Le pénis contemporain

Mesdames, messieurs, voilà la taille moyenne d’un pénis au repos : environ 7 cm de longueur pour 10 cm. de circonférence. En Erection cela va de 12 à 16 cm. de long pour une circonférence moyenne de 13 cm. Ça s’est dans les faits.

Andy Wharhol

Les canons de l’antiquité et de la renaissance sont mis de côté au profit de la provocation. Plus un phallus est imposant, plus il provoque et plus grande est la renommée de l’oeuvre et de l’artiste ou autrement dit, de la publicité par la taille. Prenons l’exemple de la street-artist Carolina Falkhort qui a réalisé en 2017 un pénis géant sur l’une des façades d’un immeuble de Manhattan et qui a par conséquent fait beaucoup parlé d’elle.

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Carolina Falkhort

D’autres préfèrent représenter le pénis au naturel comme Orlan dans sa peinture l’origine de la guerre en réponse à l’œuvre de Courbet, l’origine du monde. Andy Wharhol préfère le travailler à son avantage quand certains proposent un large panel de ce qui se fait de plus vrai et diversifié; les tableaux/sculptures de Jamie Mc Cartney en est une bonne illustration.

Le pénis inspire et l’art contemporain le libère de son occultisme. L’artiste Steven Cohen s’expose en 2013 sur la place du Trocadéro dans une performance équivoque, nu, travesti tiré au niveau du sexe par un coq. Il a aussi ceux qui le suggèrent tel Brancusi avec Princess X (1916).

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Brancusi, Princess X

Et il y a ceux qui s’en servent comme outils pour leurs œuvres. La taille n’est plus vraiment un problème (en apparence) seul le sujet le reste.

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Biennale de Lyon, IAC, Peint avec la Bite

Toujours est-il que le pénis reste un sujet tabou même dans  le 7ième art qui boude toujours à montrer ces messieurs nus en intégralité (à de rares exceptions).

En Bref !

Le sexe masculin reste un sujet tabou bien que pourtant connu de tous. L’art a tenté de le magnifier, d’en faire une métaphore, un canon, mais il a aussi était glorifié et vénéré. Sa taille réelle n’est que rarement respectée ; choquant, dégradant, offensant, ou tout simplement étant indécent. Il choc même si tout cela reste bien naturel. L’art s’en est emparé et a fait de lui un sujet pluridisciplinaire : la sculpture, la peinture, mais il a également envahit les arts de la table. Nous vous recommandons d’ailleurs en aparté cette charmante boulangerie dans le marais parisien proposant divers plaisir sucré de forme phallique. Un pur délice !

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Sucette au chocolat en forme de pénis

Vous l’aurez compris, le pénis dans l’art (comme dans la vie) reste toujours un problème de taille pas prêt d’être encore réglé.

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Sac pénis photo by DICK WORLDWIDE

Si le sujet vous intéresse, sachez (si vous ne le saviez pas) qu’un musée lui est entièrement consacré à Reykjavik en Islande. Vous pourrez découvrir la verge de bon nombre de spécimen mâle à travers le règne animal et même celui d’un homme, le seul et unique au monde conservé dans du formol.

Roო’In
Plus qu’une passion : un style de vie. Historien de l’art et archéologue de formation, Roო’In a souhaité faire partager son amour pour la culture associé à celui pour la cuisine afin de les rendre accessible à tous. Bien manger, apprendre et découvrir sont ses maîtres mots.

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