Réalisé par John McTiernan en 1987, Predator est un classique pour tous les amateurs du genre. Il est de retour après plus de trente ans. Entre temps, deux nouveaux épisodes insipides voient le jour. Au programme, aucun Arnold Schwarzenegger bodybuildé prés à combattre une espèce inconnue en pleine jungle.

Aujourd’hui, le Predator est remis au gout du jour par le cinéaste Shane Black, tout en reprenant les fondamentaux de l’œuvre originale. A terme, l’effet distrayant est présent avec un résultat escompté qui n’est pas atteint. 

Les pires prédateurs de l’univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l’ADN d’autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d’anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

Predator, nouvelle génération

Personne ne connait Shane Black, pourtant, sa carrière est déjà bien étoffée de nombreux succès. Scénariste de films populaires tels que L’Arme Fatale mais aussi réalisateur de Iron Man 3, The Nice Guys ou encore Kiss Kiss Bang Bang. En tant qu’acteur, ce dernier fait ses premiers pas dans la peau du personnage de Hawkins dans le premier Predator de 1987.

be art culture predator

Pour John Davis, le producteur de la franchise depuis les années 80, ce retour était inévitable. Le succès du premier épisode avait littéralement marqué les esprits. Selon lui, un retour aux sources est un concept ingénieux : « L’idée incarnée par cette créature venue d’une autre planète qui joue sa plus grande partie de chasse face au plus gros des gibiers, et ce commando américain et ces gars pris au cœur de la jungle ».

Pour réinventer ce nouveau Predator, le metteur en scène avait besoin d’un budget conséquent afin d’offrir un nouvel épisode à la hauteur des espérances. A peine arrivé dans le projet, Shane Black a posé ses condition. Il souhaite obtenir un budget élargi d’environ 88 millions de dollars afin d’amplifier l’échelle et l’ampleur du film avec davantage d’action.

Du sang, quelques incohérences et un Predator grandeur nature

Dès l’annonce de la mise en chantier d’un nouvel épisode du Predator, nous étions à la fois curieux et dubitatifs à l’idée de repartir sur les traces du monstre. Aux manettes, un cinéaste expérimenté qui connait bien le terrain, lui qui était présent sur la production du premier film. Un sujet qu’il ne maitrise pourtant pas assez dans The Predator avec une phase créative inexistante.

Shane Black façonne une trame intéressante sur la base des précédents volets tout en apportant cette dose d’action survitaminée. Cependant, à vouloir en faire trop, le scénariste de L’arme Fatale se brule les doigts plus d’une fois. Le pitch débute sur un bon cadrage, un vaisseau s’écrase sur terre, la chasse est désormais ouverte pour un Predator souhaitant récupérer l’un de ses biens. Un résumé simple et limpide qui va se compliquer avec de nouvelles intrigues ambiguës et insignifiantes.

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En tête d’affiche, après Arnold Schwarzenegger, Danny Glover et Adrien Brody, c’est au tour de Boyd Holbrook, l’une des des révélations de la série Narcos ou encore dernièrement dans le film Logan. Un rôle qui lui tient très à cœur puisqu’il s’entraine sans relâche pour camper au mieux son personnage de Quinn McKenna, un militaire surentrainé. Des souvenirs qu’il affectionne : « Un ancien tireur d’élite du régiment des rangers m’emmenait sur la plage à 5 heures du matin pour nager, courir et m’entraîner ».

Côté effets spéciaux, l’investissement est là, c’est indiscutable. De l’action, des explosions, des frissons et des monstres répugnants coiffés à la Whoopi Goldberg. Le réalisateur a gardé l’élément essentiel à l’image du Predator, son concentré sanglant et gore. Des effusions de sang à en revendre comme on les aimes, fidèle aux premières heures de l’extraterrestre.

Ce film est incontestablement destiné aux fans du genre qui se feront un malin plaisir à décortiquer les moindres informations comme une réplique phare du premier opus, « T’as pas une gueule de porte-bonheur ! ». The Predator est une bonne série B qui est dans la lignée des premiers films, néanmoins, elle reste sur ses acquis sans vouloir apporter du sang neuf.

Date de sortie : 17 octobre 2018
Durée : 1h 47min
De : Shane Black
Avec : Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn
Genres : Action, Science fiction
Nationalité : Américain

Jordan Tissot
Journaliste web culture & médias. Je suis né en 1991, l’année de Terminator 2 : Le Jugement dernier de James Cameron. Enivré de culture et de cinéma. Passé par de nombreux supports culturels, je contribue désormais à la rubrique cinéma de Be’Art depuis 2018.

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