Dans un jardin qu’on dirait éternel est le troisième film deTatsushi Omoriet c’est le premier à sortir en France. Il nous amène ici à une douce méditation en nous initiant à l’art du thé.

Synopsis

Dans un jardin qu’on dirait éternel nous conte l’histoire de Noriko et de sa cousine Michiko qui s’initient à l’art traditionnel du thé auprès de Madame Takeda. Grâce à ce long apprentissage, Noriko va apprendre à goûter l’instant et à poser un regard changé sur l’existence et sa propre vie.

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Extrait du film Dans un jardin qu’on dirait éternel © Art House

Une coming-of-age story atypique

D’une certaine manière, Dans un jardin qu’on dirait éternel est une coming-of-age story. Elle est cependant atypique car on suit Noriko, incarnée par Haru Kuroki, de ses vingt ans à son approche de la cinquantaine. Traditionnellement ce genre d’histoire se focalise plus sur la période de l’adolescence. Néanmoins, cela fonctionne parfaitementet Omori montre que la difficulté de trouver un sens à son existence ne disparaît pas à l’âge adulte.

En effet, Noriko est perdue et ce avant même la fin de ses études. Elle ne sait pas exactement quoi faire, elle aime écrire et est intéressée par l’édition mais rien de passionnel ne transparaît à l’écran. C’est dans ce contexte confus qu’elle fait la rencontre de Madame Takeda, jouée avec brio par Kiki Kirin. Avec sa cousine Michiko, incarnée par Mikako Tabe, elle décide de suivre des cours pour s’initier à l’art traditionnel du thé auprès de Madame Takeda.

L’art du thé

La cérémonie du thé et ses variantes au fil des jours et des saisons est l’élément central de Dans un jardin qu’on dirait éternel. Une grande partie de l’histoire se passe dans cette petite pièce qui contient le foyer sur lequel est chauffée l’eau du thé. La lumière est douce et maîtrisée de telle sorte que le spectateur n’a aucun mal à déterminer la saison où l’heure, simplement grâce à elle. Les gestes des actrices sont délicats et les deux cousines deviennent de plus en plus assurées. Tout converge pour montrer qu’en effet, le thé est un art.

Néanmoins, si le thé est indubitablement un art, l’aspect artistique de Dans un jardin qu’on dirait éternel reste médiocre. Les bonds dans le temps, récurrents, sont quelque peu maladroits et témoignent d’un certain manque de confiance dans le public. Par ailleurs, la voix off de Noriko est omniprésente. Elle donne parfois une perspective particulière et intéressante sur une scène et parfois ne sert qu’à nous dire ce qui se passe à l’écran.

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Extrait du film Dans un jardin qu’on dirait éternel © Art House

Méditer et savourer

Il s’agit cependant d’un film très agréable à regarder. Ces quelques défauts ne sont point du tout choquants lors du visionnage et ne sont que des signes d’un manque de maîtrise totale du médium par Omori. Le film peut à certains moments rappeler le chef d’œuvre Printemps, été, automne, hiver… et printemps de Kim Ki-duk.

En effet, Dans un jardin qu’on dirait éternel appelle à une forme de méditation, par la médiation de l’art du thé. Certaines scènes de cérémonie sont apaisantes, pour les personnages comme pour nous. Le silence n’est brisé que par les bruits des instruments utilisés ou de l’eau qui coule. Les gestes de plus en plus délicats et assurés acquièrent une qualité presque hypnotique qui contribue à cette méditation. Tous les petits bruits sont à savourer car ils n’interrompent pas la méditation mais y participent. Ainsi, les différences de son entre l’eau chaude qui est versée et l’eau froide n’en apparaîtront que plus évidentes et plus touchantes.


Sortie : 26 août 2020

Durée : 1h40 minutes

Genre : Comédie, Drame

De : Tatsushi Omori

Avec : Kiki Kirin, Haru Kuroki et Mikako Tabe

Nationalité : Japonais

Jeanne
Historienne de formation, elle est née l’année de Fight Club de David Fincher, Jeanne aime lire, aller au cinéma, ou encore lire au cinéma. Elle contribue à la rubrique cinéma de Be’Art Magazine.

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