Steven Spielberg est inarrêtable, ce dernier enchaine les longs métrages à succès tout en variant les styles et les genres. Après le fantastique Le Bon Gros Géant et le drame historique Pentagon Papers, le cinéaste s’attaque à Ready Player One, l’adaptation du best-seller écrit par Ernest Cline en 2011. Encore une fois, le ténor de sa discipline réinvente l’action et la science-fiction à travers cette nouvelle création utopiste et imposante. 

Nous sommes en 2045, le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS.

L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant

De l’ouvrage au grand écran

Tout commence en 2011, Ernest Christy Cline sort son tout premier roman intitulé Player One. Ce dernier raconte la traversée surnaturelle et dystopique d’un jeune garçon dans un monde faisant face à de nombreux problèmes écologiques et économiques. Le protagoniste décide de partir à la conquête d’un héritage démesuré au centre d’un monde virtuel. 

Au coeur de cet ouvrage, nous découvrons de nombreuses références à la pop-culture, les oeuvres mythiques de Steven Spielberg sont mises en avant. Ce dernier, par souci de modestie, a déclaré qu’il souhaitait ignorer certaines annotations de ses films dans son film.

Initialement, de nombreux réalisateurs étaient pressentis pour conduire le film. De Christopher Nolan à Robert Zemeckis en passant par Peter Jackson et Edgar Wright, tous ont été appréhendés pour diriger Ready Player One.

Afin d’obtenir un corps cinématographique parfait, Steven Spielberg fait appel à l’un des maitre de la bande originale, Alan Silvestri, à qui l’on doit notamment la bande-originale de Retour vers le futur, Bodyguard ou encore Mission Impossible.

Le retour vers le futur des années 2000 ?

Dès l’annonce de ce projet ambitieux et colossal, nous étions à la fois sceptiques et curieux de découvrir l’oeuvre littéraire portée à l’écran, qui plus est, dirigé par l’un des maitres du genre, le chevronné Steven Spielberg. Après plus de 2h20 de film, la pression est relâchée, l’adrénaline reste statique et les petites longueurs peinent à se faire oublier.

Dès la fin de son visionnage, Ready Player One est indéniablement comparé à son roman d’origine signé par Ernest Cline. A terme, nous découvrons un univers passionnant que Spielberg imagine avec brio et intelligence, ce dernier diffuse cette culture geek moderne et futuriste que l’on attendait. Le cinéaste imagine son héros sous toutes les coutures, il le filme aussi bien dans un esprit d’animation avec un avatar personnalisé que dans un long métrage classique et prévisible.

L’avatar et l’effet animé prend le dessus avec des images réalistes à couper le souffle. En effet, par de nombreuses références mythiques du genre, le réalisateur propose un long métrage futuriste et vintage qui rappel des succès tels que Retour vers le futur ou Avatar. Le papa d’ET délivre une ambiance saine et bien construite de bout en bout avec une déclaration d’amour au cinéma de Science-Fiction.

A 71 ans, le pionnier n’a plus rien à prouver derrière la caméra, son seul souhait est de s’amuser en offrant des morceaux de cinéma qui resteront gravés dans les mémoires.
Avec Ready Player One, le metteur en scène bouscule les codes du genre et laisse dérouler son instinct créatif avec des nombreuses légendes marquantes du cinéma de Science-Fiction.

De Shining à King Kong en passant par Jurassic Park et La fièvre du samedi soir, tous les coups sont permis, même pour Steven Spielberg. Ce dernier parvient à nous hisser dans une trame entraînante et bien ficelée par sa dose d’action particulièrement bien agencée.

Au coeur de ce Game Movie, Tye Sheridan donne cet effet de teen-movie avec le rôle de Wade Watts qui est automatiquement assimilé au personnage mythique de la saga Retour vers le futur, Marty McFly. Par sa fougue, son humour et sa determination, le personnage est idéalement attachant. Avec une caméra bien échelonnée, Spielberg atteint des sommet visuels hors norme.

Le cinéaste imagine un monde fantastique dans la veine de Final Fantasy, laissant un spectateur admiratif. On retrouve une bande originale majestueuse et collégiale signée Alan Silvestri, l’instigateur de BO à succès tels que  Retour vers le futur, Qui veut la peau de Roger Rabbit ou encore Forrest Gump.

Le seul petit bémol se tournera vers une succession de longueurs qui n’altèrent en rien la progression positive du film. Tous les atouts du réalisateur sont brillamment mis en avant, son savoir faire indiscutable, son oeil aiguisé derrière une caméra déchainée et des choix techniques minutieux.

En rendant hommage aux jeux vidéo et à la science-fiction vintage, Spielberg reste confiant dans un genre qu’il maitrise parfaitement. A la fois intime et révélateur, Ready Player One est un message d’affection aux fans de jeux vidéo et de films futuristes des années 80.

Date de sortie : 28 mars 2018
Durée : 2h 20min
De : Steven Spielberg
Avec : Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn
Genres : Science fiction, Action
Nationalité : Américain

Jordan Tissot
Journaliste web culture & médias. Je suis né en 1991, l’année de Terminator 2 : Le Jugement dernier de James Cameron. Enivré de culture et de cinéma. Passé par de nombreux supports culturels, je contribue désormais à la rubrique cinéma de Be’Art depuis 2018.

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