Après le dramatique « Né quelque part »et la comédie sociale « La Vache », Mohamed Hamidi revient avec « Jusqu’ici tout va bien », une comédie conviviale et fédératrice. Dans la veine de La Haine, Divines ou encore Raï, le cinéaste met l’accent sur une comédie de banlieue qui rassemble, doté d’un sujet plausible et d’une distribution alléchante. 

Fred Bartel est le charismatique patron d’une agence de communication parisienne branchée, Happy Few. Après un contrôle fiscal houleux, il est contraint par l’administration de délocaliser du jour au lendemain son entreprise à La Courneuve.

Fred et son équipe y font la rencontre de Samy, un jeune de banlieue qui va vite se proposer pour leur apprendre les règles et usages à adopter dans ce nouvel environnement. Pour l’équipe d’Happy Few comme pour les habitants, ce choc des cultures sera le début d’une grande histoire où tout le monde devra essayer de cohabiter et mettre fin aux idées préconçues.

Jamais deux sans trois

C’est en 2008 que le réalisateur Mohamed Hamidi eu l’idée de « Jusqu’ici tout va bien ». Agrégé d’économie à cette époque, le cinéaste avait déjà plusieurs idées de scénarios. C’est lorsqu’il est allé rendre visite à l’un de ses amis travaillant en zone franche à Bondy, qu’il découvre plusieurs boites aux lettres d’entreprises installés dans un bâtiment de banlieue.

Pour ce dernier, il s’agit d’un pitch parfait à porter sur grand écran : « Les autres avaient fictivement pris cette adresse pour percevoir des aides promises par l’État, à savoir l’abattement sur les charges sociales ou, encore, l’exonération d’impôts sur le chiffre d’affaires. Ces sujets sont sérieux et complexes mais dans le film je les évoque en mode comédie, c’est toujours plus efficace et moins moralisateur ».

Encore une fois, Hamidi trouve un terrain de jeu idéal avec deux mondes différents. Déjà dans ces deux précédents films, le metteur en scène livre un sujet sur le bled et la France. Dans son nouveau film, il affiche la banlieue, les quartiers difficiles d’un côté et en face le train-train quotidien d’un Paris guindé. Il explore ces deux extrêmes de par son expérience en banlieue et la vie parisienne, il souhaite mettre en avant le mal culturel, l’affabulation des médias ou encore la réalité d’une vie de banlieusard.


Le vivre ensemble qu’on aime au cinéma

Au Pathé Beaugrenelle, tous les projecteurs sont rivés sur la nouvelle comédie de Mohamed Hamidi, ce dernier qui avait rencontré la gloire avec son second long métrage La Vache réunissant 1,3 million de spectateurs dans toute la France. Sur le papier, cette comédie est un prometteuse à souhait. Le résultat est plus que satisfaisant par une mise en scéne intimiste et une cadence enlevée.

En haut de l’affiche, un duo parfait composé de Gilles Lellouche et Malik Bentalha. Deux comédiens différents et multigénérationnels qui prennent plaisir à nous faire rire et nous émouvoir. Avec son précédent long métrage, Mohamed Hamidi n’est plus un novice dans le genre. Il sait pertinemment qu’il prend un tournant dans sa carrière. Avec ce troisième essai, le cinéaste confirme qu’il va perdurer dans le cinéma français. 



Avec de nombreux clichés et préjugés, le film s’inscrit dans la veine de succès populaires tels que « De l’autre côté du périph » ou « Tout ce qui brille ». Dans ce thème si utilisé par le cinéma français, les ingrédients sont agencés à la perfection. Le naturel est sans faille, si certains détails visuels s’affaiblissent momentanément, le jeu reste efficace et solide durant plus d’1h30.

En bref

A la fois original et punchy, « Jusqu’ici tout va bien » est la comédie qui fait du bien, un feel good movie où les vannes fusent à droite et à gauche. Doté de personnages attachants, d’un scénario ajusté et d’une bande originale funky, les ondes positives s’invitent avec brio au coeur de cette comédie familiale.


Date de sortie : 27 février 2019
Durée : 1h 30min
De : Mohamed Hamidi
Avec : Gilles Lellouche, Malik Bentalha, Sabrina Ouazani
Genre : Comédie
Nationalité : Français

Jordan Tissot
Journaliste web culture & médias. Il est né en 1991, l’année de Terminator 2 : Le Jugement dernier de James Cameron. Enivré de culture et de cinéma, il est passé par de nombreux supports culturels, il contribue désormais à la rubrique cinéma de Be’Art Magazine depuis quelques années.

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