La tête ! Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la tête et est un élément si important dans les diverses cultures du monde et notamment durant certaines fêtes et événements ?
Nous avons mené l’enquête et on peut dire que l’on s’est vraiment cassé la tête pour l’occasion.

En tête à tête

La tête domine nos corps. Elle est la partie de notre anatomie la plus sensitive mais aussi la plus expressive. Elle concentre à elle seule quatre de nos sens : la vue, l’odorat, l’ouïe et le goût ; le sens du touché n’étant pas absent mais juste plus restreint.

La tête est le siège de la pensée ; après tout, elle renferme le cerveau. Elle est aussi le lien intermédiaire entre le soi intérieur et le perçu extérieur. Le visage reflète nos émotions et nos états d’âme, livre ouvert sur notre soi profond.
D’un point de vue symbolique, la tête représente l’identité, l’émotion, l’intellect et la communication. Bien plus qu’un symbole, la tête représente la vie mais elle peut aussi signifiait la mort.

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CLAESZ Pieter , Vanité – nature morte, huile sur panneau, 39,5 × 56 cm, 1630 (Mauritshuis, La Haye)

La tête de mort est souvent matérialisée dans l’art surmontant bien souvent deux tibias croisés : les memento mori, destinés à rappeler à l’homme qu’il est mortel et que tôt ou tard l’heure sera venue. Un rappel inéluctable commun à tout un chacun sur la brièveté de la vie.

Les calaveras du Mexique, entre hommage et gourmandise

Le jour de la fête des morts, les calaveras foisonnent dans les rues mexicaines, mais aussi bien au-delà. Véritable tradition au Mexique, elles sont en France référencées à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel.

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Mais que sont les calaveras ? Tout simplement des têtes de morts. Elles sont offertes le 2 novembre soit aux vivants pour qu’ils se souviennent de leurs morts, soit aux défunts en offrande. Souvent confectionnées en céramique dans lesquelles il est possible d’y placé une bougie, on les connait également sous leur forme plus gourmande en sucre, en chocolat ou encore confectionnées avec des graines d’amarante. Les enfants en raffolent mais ils ne sont pas les seuls.  

Les calaveras sont exubérantes de couleurs. Elles suscitent l’envie et la fascination mais également l’appétit pour celles qui sont comestibles. Certaines sont de vraies œuvres d’art. Disney rend d’ailleurs hommage à cette culture avec le film d’animation Coco.

Les tsantsas des Shuars, à en perdre littéralement la tête

Tribu d’Amazonie, les Shuars sont aussi connus sous le nom de Jivaros. Ils ont dans leurs coutumes un rituel des plus ragoûtants : celui des têtes réduites. Ce rituel consistait à emprisonner l’âme de son ennemi afin qu’elle ne puisse pas revenir se venger. Le guerrier portait cette tête réduite autour du cou, comme trophée les jours de fêtes.
Cette coutume est présente dans la tribu depuis des millénaires. Le dernier cas avéré remonte néanmoins à 1968.

La préparation d’une tête réduite est un long procédé complexe. Après avoir décapité l’adversaire, le guerrier Jivaros pratiquait une incision au-dessus de la nuque. Il dépouille ensuite la tête de sa peau et jette les os, dents et yeux. La peau est alors bouillie avec diverses plantes afin qu’elle durcisse et devienne plus résistante. Le guerrier introduit ensuite des galets et du sable brûlants pour la faire rétrécir.

Une fois sèche, la peau est suspendue dans la fumée du foyer de la cuisine pendant 3 à 4 mois ou la tête diminue progressivement de volume jusqu’à atteindre la taille d’une grosse orange. Dès lors, il faut la remplir de feuillages. Les paupières sont cousues ainsi que les narines et la bouche. L’esprit du mort est alors. Pour finir,  la peau est teintée en noir afin de plonger l’esprit du défunt dans l’obscurité.

Les tsantsas font l’objet des collectionneurs par leur rareté. Certaines sont conservées et observables dans divers musées du monde telle celle conservée au musée de l’Amérique de Madrid. Le cinéma leur rend hommage dans certains grands longs métrages : dans le Seigneur des Anneaux autour du cou d’un orc, dans Beetlejuice de manière humoristique et morte-vivante ou encore dans Harry Potter dans le Magicobus.

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exrait du film Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban

Pour Halloween, la toussaint et la fête des morts, gardez la tête sur les épaules et creusez plutôt une citrouille !

Roო’In
Plus qu’une passion : un style de vie. Historien de l’art et archéologue de formation, Roო’In a souhaité faire partager son amour pour la culture associé à celui pour la cuisine afin de les rendre accessible à tous. Bien manger, apprendre et découvrir sont ses maîtres mots.

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