14 ans après Narco qu’il réalisait avec son ami d’enfance Tristan Aurouet, Gilles Lellouche décide de franchir le pas en dirigeant son premier long métrage solo. C’est avec Le Grand Bain que le cinéaste prend un nouveau tournant dans sa carrière. Côté distribution, ce dernier nous réserve une sacrée brochette de stars, de Guillaume Canet à Benoît Poelvoorde en passant par Virginie Efira et Alban Ivanov. Avec ce premier essai, le metteur en scène promet une œuvre personnelle, drôle et touchante.

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…

Une première solo

En 2004 sortait Narco, une comédie ludique et dramatique portée par Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde et Zabou Breitman. Le film marque la première direction de Gilles Lellouche derrière la caméra avec son compatriote Tristan Aurouet.

La critique fut mitigée et régulière. Aujourd’hui, le réalisateur souhaite atteindre un but bien précis, offrir une comédie dramatique sur un ton intimiste. Il déclare : « L’idée, c’était surtout de trouver un sujet qui me touche et me permette de réaliser un film plus personnel que Narco, qui était malgré tout un film de commande ».

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L’ébauche du Grand Bain était dans la tête de Lellouche depuis plusieurs années déjà, mais c’est en 2010 que la vision complète finit par germer. Cette année là, il commence à écrire un script qui contenait déjà l’amorce de sa prochaine création. Dans ces premières lignes, il souhaite parler d’un sujet de société présent en France, la dépression.

Il indique : « Dans cette course un peu individualiste où l’on se retrouve tous malgré nous coincés, on oublie le collectif, l’entrain, le goût de l’effort ». Le quarantenaire désire parler de cet abattement qu’il ressent chez les gens qu’il croise dans la vie de tous les jours.

Afin d’imaginer ce Grand Bain dans les meilleures conditions possibles, les comédiens ont dû s’entraîner sans relâche avec Julie Fabre, la chorégraphe de l’équipe de natation synchronisée féminine olympique. Si les premières semaines fut difficiles pour les protagonistes, la coordinatrice dit à Gilles Lellouche que tout se déroule bien malgré quelques dissipés réguliers comme Benoît Poelvoorde.

Un plongeon parfaitement maitrisé

Ce mardi 23 octobre, c’est l’événement du jour, le Pathé Beaugrenelle reçoit l’équipe du film du Grand Bain pour une avant première exceptionnelle dans l’une des ses prestigieuses salles. Dés les premières minutes, Gilles Lellouche rentre dans le vif du sujet avec un Mathieu Amalric casanier, dépressif et angoissé. Sur une tonalité drolatique, ce père de famille aimant va tenter de remonter la pente d’une manière originale et atypique.

C’est à ce moment là que Le Grand Bain rentre en jeu. L’idée ingénieuse d’Amalric est simple, intégrer un groupe de natation synchronisée pour homme. En découvrant ce sport, le protagoniste fait la connaissance de nouvelles personnes tout aussi dépressives et abattues que lui. Mais avec ce collectif, ce vivre ensemble et ce sport si particulier, ce petit groupe pourrait voir un changement fulgurant après cette expérience.

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Dans son premier film, Gilles Lellouche montre bien tous les aspects de la dépression, les aléas de la vie, la maladie ou encore la folie. Un sujet traité avec tendresse et humour qui suit l’histoire de ces personnages attrapés par un mal qui les ronges de jour en jour. Le seul moyen d’affronter ce mal, c’est de trouver cette faille indéfectible. La moralité est simple et précise, aujourd’hui n’importe qui peut devenir dépressif du jour au lendemain pour n’importe quelle raison.

Le cinéaste a parfaitement choisit sa distribution. Il livre un Grand Bain de prestige avec un Mathieu Amalric génial campant un homme déboussolé et déjanté, Guillaume Canet et ses sautes d’humeur désopilantes, Philippe Katerine en beauf magistral ou encore Benoît Poelvoorde et son humour inné et brillant en patron bordélique.

Impossible d’oublier les autres participants qui livrent une performance détonante, de Leïla Bekhti à Marina Foïs en passant par Virginie Efira, le réalisateur signe un premier long métrage au casting étincelant.

Le message envoyé par Lellouche au fond de ce Grand Bain n’est autre que l’estime de soi et la poursuite de ses rêves les plus chers. Outre la dépression, cette comédie dramatique centrée sur la natation est bien plus qu’un petit film français sans prétention. Si certaines longueurs se font parfois ressentir, la médaille d’or est atteinte sans chute.

Date de sortie : 24 octobre 2018
Durée : 1h 58min
De : Gilles Lellouche
Avec : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Français

Jordan Tissot
Journaliste web culture & médias. Je suis né en 1991, l’année de Terminator 2 : Le Jugement dernier de James Cameron. Enivré de culture et de cinéma. Passé par de nombreux supports culturels, je contribue désormais à la rubrique cinéma de Be’Art depuis 2018.

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