Ce titre d’exposition se veut un clin d’œil à Guillaume Apollinaire, qui fut un des premiers à reconnaitre ces arts africains et qui publia dans le poème « les fenêtres » en 1913 :

« Du rouge au vert tout le jaune se meurt/Quant chantent les aras dans les forêts natales »

Aujourd’hui le musée du Quai Branly, nous plonge dans une forêt de 325 œuvres et nous enchante devant tant de beauté. L’exposition nous prend par la main dans un parcours autant géographique qu’initiatique. Comme le dit le directeur du musée, Stéphane Martin :

C’est une exposition à double entrée.

galerie
statue Fang

 

statue Fang

Apprendre à reconnaitre un style, une œuvre

Cette exposition est tout d’abord un parcours esthétique et culturel dans les forêts chaudes et humides d’Afrique équatoriale atlantique. Ce territoire s’étend aujourd’hui de la Guinée équatoriale au sud du Cameroun, et du Gabon à l’ouest du Congo. Les peuples suivants sont représentés : Fang, Kwele, Kota, Tsogo, Aduma et Punu. Les artistes de cette immense région ont migré, échangé selon les époques. Ils ont pu à travers l’expression de leurs arts construire un véritable foyer créatif.

La qualité, la richesse d’expressions et la profusion de ces 325 œuvres, divisées en deux types d’objets – des statues et des masques – nous offrent un magistral exposé sur cet art d’Afrique équatoriale atlantique du 17ème siècle jusqu’au début 20ème.

Les statues ou reliquaires liées au culte des ancêtres des Fang ou des Kota, ainsi que les masques des Kwele ou des Punu permettent aux visiteurs une initiation pédagogique à l’art de cette immense et riche région. Les séries stylistiques s’expliquent grâce aux démonstrations de formes, de patines, de décors et de matières.

Une étude, menée sur la composition des bois, la nature des patines, des métaux et des types d’ossements de 41 objets, apporte un éclairage scientifique sur cette prodigieuse production artistique.

Le très grand nombre des reliquaires et des masques, leur juxtaposition presque infinie livrent un panégyrique d’artistes et de créations reconnaissables. C’est la définition d’un style. Et le musée nous conte une véritable histoire de l’art africain.

Masque Kwele
reliquaire Kota
reliquaire Kota

Éblouissement mystique au Musée du Quai Branly

Cette profusion d’œuvres exceptionnelles créée un éblouissement chez le visiteur qui devient spectateur. Ces reliquaires et ces masques, symboles de nature et de vie, témoins de leur environnement culturel, nous font face en majesté. Ils nous renvoient force et sérénité au visage. Le parcours géographique et pédagogique de l’exposition devient alors initiatique et mystique.

Les statues reliquaires aux formes disproportionnées, qui rendent hommage au culte des ancêtres, entrainent notre vision vers l’abstrait et le symbolique. Ceci permet de montrer le côté affreux du monde des morts. Ce sont les veilleurs des reliques nous fixent et nous parlent du mondes des ténèbres.

Les masques aux formes oblongues et blanchies, reflet d’une entité sociale politique qui va initier, juger, punir, avoir droit de vie et de mort, ou rythmer la vie du village. Cela nous plongent dans la mystique des cérémonies des peuples et villages africains.

Et quand le masque rencontre le vêtement dans la danse, le masque devient figure abstraite virevoltant au dessus de la condition humaine, tutoyant le divin… »figure visible de l’invisible » selon Bonaventure Mvé Ondo.

A la sortie, le visiteur-spectateur aura savouré la beauté de ces objets uniques et rares. Il aura appris à reconnaitre un style et une œuvre incontestable. Il aura également été ébloui par autant de figures puissantes et sereines le fixant tout au long de ce voyage dans les forêts natales du musée du Quai Branly.

piliers de case rituelle des Tsogo
masque Punu

Informations pratiques

Les Forêts Natales – Art d’Afrique équatoriale atlantique

Exposition jusqu’au 21 janvier 2018

www.quaibranly.fr

 

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