4 ans après La Voie de l’ennemi, Rachid Bouchareb repasse derrière la caméra pour se concentrer cette fois-ci sur une comédie policière à l’américaine. En vedette, on retrouve un Omar Sy frais comme un gardon s’attaquant à un dérivé afro et moderne du Flic de Beverly Hills. Malgré de bonnes interactions, ce Flic de Belleville s’immisce en terre inconnu avec un aspect comique intéressant. Cependant, l’élément ringardisant se dévoile trop fréquemment.

Baaba Keita est flic à Belleville, quartier qu’il n’a jamais quitté, au grand désespoir de sa copine qui le tanne pour enfin vivre avec lui, ailleurs, et loin de sa mère. Un soir, Roland, son ami d’enfance, est assassiné sous ses yeux.

Ce dernier prend sa place d’Officier de liaison auprès du Consulat de France à Miami, afin de retrouver son assassin. En Floride, flanqué de sa mère plus qu’envahissante, il est pris en main par Ricardo, un flic local toujours mal luné. Contraint de faire équipe, le duo explosif mène l’enquête…

Une comédie française aux Etats Unis

Rachid Bouchareb est de retour sur les plateaux de tournage. Après quatre ans d’absence, il revient pour s’attaquer à un nouveau genre, la comédie. En effet, auparavant, le cinéaste avait privilégié les films historiques ou de guerre comme Indigènes ou Hors-la-loi. Durant sa carrière, le réalisateur met en scène deux films aux Etats-Unis, Just Like A Woman et La Voie de l’ennemi.

Ce qui lui permet de collaborer avec des pointures du cinéma hollywoodien telles que Forest Whitaker, Harvey Keitel ou encore Sienna Miller. Aujourd’hui, c’est avec un duo comique qu’il se projette. Depuis quelques années déjà, Rachid Bouchareb avait le souhait de faire un long métrage drôle et rythmé, un buddy movie convivial.

be art culture le flic de belleville

Dés le départ, le metteur en scène ne savait pas quoi faire en sujet principal. Il déclare lors d’un entretien, « Je n’avais ni idée ni réalité sur laquelle m’appuyer pour concrétiser un tel projet ». Le point de départ de la production se concentre sur Omar Sy et Luis Guzman qui sera le tandem phare de ce nouveau projet. Il manquait le fil conducteur du Flic de Belleville.

C’est lors de son séjour aux États-Unis que le cinéaste rencontre un fonctionnaire de la police française qui lui donne quelques informations sur nos ambassades et nos consulats à l’étranger. Il apprend qu’il y a des policiers français qui traquent des criminels français. C’est sur cette base que Bouchareb trouve l’idée pour son film.

Pour écrire le scénario du Flic de Belleville, ce dernier fait appel au scénariste Larry Gross, auteur iconique des buddy movies cultes des années 80, 48 Heures et 48 Heures de plus, avec Eddie Murphy et Nick Nolte.

Dans la veine de Deux flics à Miami et Le flic de Beverly Hills

Au Pathé Beaugrenelle, l’événement est de taille avec un Omar Sy déjanté dans la peau du Flic de Belleville, un projet aux allures de films d’actions des années 80. Bien que son casting soit révélateur à souhait, le nouveau film de Rachid Bouchareb rencontre quelques irrégularités dans sa mise en scène. Brouillon et abondant, la comédie se veut similaire à un 48 Heures qui peine à se désengorger de longueurs pesantes.

L’idée de caricaturer ou parodier les plus grands buddy movies policiers est une mauvaise manœuvre pour Rachid Bouchareb. Le cinéaste ne sait pas dans quoi il s’embarque avec ce genre bien particulier dans son fond et sa forme. Il navigue à l’aveugle bien que son scénario soit signé par un expert en la matière. Le problème avec ces projets instables, c’est qu’il faut choisir un casting implacable, une bande originale adéquate et une histoire haletante avec les ingrédients habituels.

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Il y a de bons points et de bonnes idées. Le duo Sy/Guzman peut s’avérait comique dans certaines séquences avec un humour franco-américain qui s’établit correctement. L’idée innovante d’intégrer la mère du protagoniste dans son aventure à la Arrête ou ma mère va tirer ! est à noter. Les nouvelles routes du trafic de drogue passant par Miami et l’Afrique est une base scénaristique solide qui aurait pu faire des merveilles à l’écran. Reprenant des références au cinéma américain, Bouchareb pense pouvoir égaler des monuments, malheureusement, l’ébauche tourne dans le mauvais sens.

Prés de deux heures pour une comédie française même tournée à Miami, c’est déjà beaucoup trop. En effet, ce Flic de Belleville partait sur de bonnes intentions et une envie de faire quelque chose d’intéressant. Par son humour potache et des scènes d’actions à la dérive, le long métrage essaye de s’en sortir tant bien que mal avec un naturel sans filtre. Omar Sy confirme son statut d’acteur bankable dans ces petites productions commerciales. 

Date de sortie : 17 octobre 2018
Durée : 1h 51min
De : Rachid Bouchareb
Avec : Omar Sy, Luis Guzman, Biyouna
Genres : Comédie, Action
Nationalité : Français

Jordan Tissot
Journaliste web culture & médias. Je suis né en 1991, l’année de Terminator 2 : Le Jugement dernier de James Cameron. Enivré de culture et de cinéma. Passé par de nombreux supports culturels, je contribue désormais à la rubrique cinéma de Be’Art depuis 2018.

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