Quand Heat rencontre American Gangster, tous les coups sont indéniablement permis, c’est le cas avec Criminal Squad, une série B qui s’alimente par une succession de séquences d’action démesurées à la sauce Hollywoodienne.

Certes, les moyens sont là, cependant, de nombreuses scènes s’exécutent sans saveur avec un effet de déjà vu. Ce n’est pas une surprise, la trame est librement comparable à celle du film culte de Michael Mann sorti en 1996. Le résultat n’est malheureusement pas une machine à sensations fortes.

Chaque jour, 120 millions de dollars en liquide sont retirés de la circulation et détruits par la Réserve fédérale de Los Angeles. Un gang de braqueurs multirécidivistes va tenter l’audacieux tour de force de mettre la main dessus. Mais, ils vont se heurter à une unité d’élite de la police qui n’a pas l’intention de jouer dans les règles de l’art. Tous les coups sont permis pour coincer ces gangsters prêts à tout.

Un nouveau film de casse populaire

Criminal Squad, c’est avant tout le premier film de Christian Gudegast en tant que réalisateur. Ce dernier travaille également sur le scénario aux côtés de Paul Scheuring, le créateur de la série à succès Prison Break.

Après avoir travaillé sur divers succès commerciaux tels que Un homme à part avec Vin Diesel et La chute de Londres avec Gerard Butler qu’il retrouve à nouveau. Il revient aujourd’hui pour diriger un premier échantillon survolté.

Dans une approche similaire, le duo Pacino/DeNiro de Heat pourrait être une référence au film d’action dans un esprit plus moderne mais toujours dans la série B d’origine. Depuis le début des années 90, les films de braquages font sensation dans les salles obscures. De nombreux cinéastes trouvent le casting parfait, une inventivité sans nom et éprouvent une réelle fascination pour les criminels audacieux actuels. 

Il faut savoir que les Etats-Unis est la capitale mondiale où il y a le plus de braquages, c’est un phénomène inaltérable qui touche les quatre coins du pays. C’est en 2002 que l’idée de Criminal Squad surgit dans la tête de Christian Gudegast alors qu’il était en train de lire Where the Money Is, un ouvrage sur les braqueurs qui sévissent à Los Angeles. C’était une envie naissante qui ne cherchait qu’à éclore à travers une série B de bonne facture.

Le metteur en scène se documente, il s’intéresse à la vie ordinaire des braqueurs et des policiers, il réalise que les deux mondes sont étroitement liés par un travail méthodique dans les différentes disciplines. Il met ces brillantes caractéristiques sur papier et délivre aujourd’hui son premier film sur le sujet.

Il ne reste pas dans les clichés des policiers en uniforme, des codes appliqués au pied de la lettre où des agents qui font du sentiment. Le réalisateur s’exprime sur le fait que ces flics sont violents, alcoolisés et dangereux.

Dans la veine de Heat

Dès le démarrage, c’est un braquage lambda qui se déroule sans étincelle, nous sommes à la fois intrigués et dubitatifs. En effet, le cinéaste souhaite changer les codes du genre dès la première séquence d’action. C’est un pari réussi dans le premier quart d’heure, en revanche, les 45 minutes qui suivront peineront à exister avec beaucoup de temps morts et un jeu du chat et de la souris entre Gerard Butler et Pablo Schreiber, les deux têtes d’affiche.

C’est un fait, beaucoup de dialogues inutiles et un rythme à la dérive auréolés de longueurs qui s’accentuent. Bien que le film s’enferme dans une routine, le scénario lui est intéressant, il y a de bonnes trouvailles et un soupçon d’intelligence en imaginant un Happy End qui sort de l’ordinaire.

Dans le genre, Christian Gudegast fait un réel travail de mise en scène, entre plans aériens exaltants et fusillades authentiques. Si l’entre deux est parfois au point mort, la dernière demi-heure est secouée par une accélération bien agencée dans le rythme du film. Tandis que la préparation d’un braquage de haut vol est au beau fixe pour le gang de braqueurs, Gerard Butler et son équipe d’anciens militaires s’empressent de les talonner jusqu’au bout.

Le face à face est crédible, il est attachant, néanmoins, le charisme n’est pas automatiquement présent dans les diverses altercations entre les deux personnages. Curtis ’50 Cent’ Jackson s’efface de minute en minute par un fort manque de crédibilité dans un jeu d’acteur artificiel.

Le fils d’Ice Cube est quand à lui la petite surprise du film, il n’hésite pas à performer avec une aisance très souple et un rôle gratifiant. Après deux heures et vingt minutes, Criminal Squad s’impose dans le genre sans pour autant être une révélation. Il y a de bonnes idées, un casting peu connu du grand public, des séquences d’action féroces mais mal irriguées et une histoire qui tient relativement la route.

Date de sortie : 21 février 2018
Durée : 2h20min
De : Christian Gudegast
Avec : Gerard Butler, Pablo Schreiber, Curtis ’50 Cent’ Jackson
Genres : Thriller, Policier
Nationalité : Américain

Jordan Tissot
Journaliste web culture & médias. Je suis né en 1991, l’année de Terminator 2 : Le Jugement dernier de James Cameron. Enivré de culture et de cinéma. Passé par de nombreux supports culturels, je contribue désormais à la rubrique cinéma de Be’Art depuis 2018.

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